Ouvrons le débat, pour un nouveau manifeste citoyen …

Quand élection après élection,

plus de la moitié des électeurs potentiels ne votent plus pour les appareils politiques qui se présentent à leurs suffrages,

(4 élections depuis 2012 : 7% de non-inscrits (source INSEE), 39 à 56%

d’abstention et 4 à 5% de votes blancs et nuls (source ministère de l’intérieur) ,

qu’un tiers de ceux qui se déplacent vote pour un parti qui rejette les autres comme non-représentatifs du peuple,

que les deux autres tiers votent pour des partis qui considèrent le 1er tiers comme non-républicain,

il est nécessaire de revenir à l’essentiel : un régime démocratique et républicain.

La démocratie  est un système politique où le pouvoir est exercé par le peuple pour le peuple.

Il nécessite donc que les textes de lois puissent être proposés par le peuple et soient soumis à votation citoyenne.

Or le système actuel est une « démocratie représentative », qui constitue en fait une oligarchie.

Aujourd’hui, le pouvoir est globalement exercé par des représentants professionnels, proposés par des appareils politiques, choisis par 10 à 15% d’électeurs potentiels au 1er tour d’une élection. L’entre-2-tours consiste à des tractations entre appareils et le 2e tour à un vote par défaut pour tous ceux qui ne sont plus représentés.

Une alternative serait une élection proportionnelle à un tour, avec reconnaissance du vote blanc pouvant invalider l’élection .

Les élus actuels ne sont pas représentatifs de la France, au niveau âge, sexe, milieu socio-professionnel…

Ils sont soumis aux pressions de leurs appareils politiques et des lobbies du « marché ».

Ils ne peuvent pas représenter réellement le peuple, ce qui constitue un énorme problème.

Une alternative serait de déprofessionnaliser la représentation du peuple. Pour cela, le non-cumul des mandats est impératif.

La République garantit à chacun des droits fondamentaux, qu’on retrouve dans le triptique Liberté Egalité Fraternité.

Cela implique une obligation de justice sociale redistributive, la « loi du marché » qui nous gouverne étant par essence inégalitaire.

Une véritable République peut-elle accepter 14% de citoyens pauvres ? Que 10% des citoyens accaparent 50 % de la richesse  ?

La seule politique économique et sociale proposée par les gouvernements depuis 30 ans (de « gauche » et de droite)  est de donner l’argent public aux entreprises . Seules les entreprises créent de l’emploi, nous dit-on, alors que nous voyons surtout un solde déficitaire dans le secteur privé marchand, et des créations d’emplois par les collectivités et le monde associatif dans l’économie sociale et solidaire. A quand une étude comparée ?

Et comme ça ne marche pas, on crée des « emplois aidés » sur un court laps de temps, pour faire taire la grogne et descendre les sacro-saints « chiffres du chômage ».

Tout cela nous amène à vivre dans une société insécure et culpabilisante.

Une alternative serait la mise en place du revenu « de base », permettant à chacun de pouvoir vivre décemment. http://revenudebase.info/

Parallèlement devrait être instauré un revenu maximal et un système fiscal progressif.

Le fait d’avoir de quoi vivre (même chichement) permettrait à chacun de sortir de la quête des petits boulots précaires à temps partiel imposé. Cela donnerait à chacun la possibilité de faire quelque chose qu’il sait faire, qu’il a plaisir à faire et qui pourrait être utile à la société. Cela offrirait aussi plus de temps pour s’informer, partager… On retrouverait le vrai prix à payer pour que les boulots les plus pénibles trouvent preneurs, faute de quoi ce serait aux citoyens de s’organiser entre eux.

Il faut sécuriser chacun pour qu’il puisse s’épanouir, créer, avoir confiance, ne plus être qu’un électeur consommateur mais un citoyen acteur.

Aujourd’hui ce système inégalitaire, non démocratique et non républicain, tient aussi parce que les puissances de l’argent ont acheté les médias et se les accaparent pour leur service. Pour qu’une information pluraliste circule pour tous, il est nécessaire de sortir les médias de ces puissances.

Et il tient surtout parce que, finalement, nous tous, les 45 millions d’électeurs potentiels, nous laissons faire, nous déléguons, nous regardons de loin, nous râlons, mais nous sommes passifs.

Et donc nous laissons les appareils politiques diriger à notre place.

Et donc nous laissons le Front National apparaître comme la seule opposition visible à la politique libérale et sécuritaire de la droite et du PS, les partis politiques dont nous sommes proches n’arrivant pas à intéresser suffisamment les électeurs.

Si nous partageons ce diagnostic, comment pouvons-nous, citoyens, sortir du système actuel et proposer une nouvelle « offre électorale »  porteuse d’une autre société ?

Je pense qu’il nous faut déjà nous rassembler, aller vers les gens, notamment ceux qui ne votent plus, faire part de notre analyse globale, et surtout les écouter et les inciter à agir ensemble : se structurer en un mouvement indépendant, dégagé des termes politiciens « gauche, droite, socialiste, écologiste, communiste, centriste, gaulliste, libéral.. . »  mots qui sont devenus globalement vides de sens, et établir un programme de base sur le régime politique que nous voulons. Personne n’a toutes les solutions techniques. Les gens en ont assez des appareils qui disent avoir les solutions, promettent et ne tiennent pas.

Partons d’ un programme alternatif démocratique et républicain simple : j’évoquais des exemples possibles :

*la proposition et votation de lois citoyenne,

*la représentation du peuple non-professionnelle,

*le revenu de base (le revenu maximum et la fiscalité progressive).

Il ne s’agit plus de créer et proposer des programmes clé en main, mais faire un choix de régime politique.

Les groupes d’experts que sont le milieu associatif, syndical, politique, universitaire… feront ensuite sur chaque thème fondamental (nourriture, énergie, logement, santé, éducation, culture, sécurité, économie…) des propositions qui pourront être débattues et tranchées ensuite par les citoyens.

Dans un premier temps, il me paraît nécessaire de lancer un appel qui reste à formuler collectivement et aller à la rencontre des gens.

Objectif souhaitable : sortir du « jeu électoral » actuel et avoir des candidats sur cette démarche lors des élections présidentielle et législatives de 2017.

J’ai bien peur qu’avec l’état d’urgence, le climat anxiogène, le matraquage médiatique de la course au buzz et aux petites phrases, nos activités militantes actuelles, aussi nécessaires soient-elles, ne soient de plus en difficiles à mener et de moins en moins porteuses, nécessitant que l’on s’engage aussi sur le versant politique électoral d’une autre manière.

Qu’en pensez-vous ?

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5 comments for “Ouvrons le débat, pour un nouveau manifeste citoyen …

  1. gogail
    décembre 18, 2015 at 17:11

    bonjour à ttes et à tous j’ai bien lu cette analyse que je partage en partie il est effectivement plus que temps de revenir aux réalités de ce que les citoyens ont véritablement dans la tête pour discuter échanger et confondre ensemble nos différents points de vue sur la situation telle que nous la vivons.Je suis donc d’accord pour dire qu’il nous faut mettre en place les outils pour pouvoir aller au débat.Pour moi ce qui est incontournable c’est la bataille des idées et c’est pour moi une des priorités. m ais une fois cela dit comment créer les conditions du débat,comment réussir à amener les gens à venir à ce débat l’expérience aidant nous constatons que nos assemblées nos réunions ne rassemblent que des convaincus bien souvent il n’est pas inintéressant de débattre entre nous c’est toujours enrichissant mais à un moment donné ce n’est plus suffisant donc se pose la question de comment intéresser le monde pour qu’il sorte de cette bulle médiatique dans laquelle
    ils sont enfermés et que sont les médias dans les mains des puissances financières.Je ne néglige pas la distribution d’un tract d’un papier cela permet le contact mais là encore encore faut il qu’il soit agréable à lire qu’il amené au débat etc….Il y a aussi le café débat cela existe déjà je pense que c »est une bonne formule mais là encore il faut que le sujet soit attirant pour tout le monde il y a aussi le support vidéo avec un film ou documentaire court les film de l’an 2 ont la matière en ce domaine enfin l’idéal mais là c’est plus compliqué c’est d’avoir une radio locale mais la…….c’est pourtant pour moi à travers ces outils que nous gagnerons cette bataille des idées qui pour moi est incontournable d »ailleurs sans vouloir jouer les anciens combattants je me souviens qu’à une époque sur le plan syndical nous menions cette bataille et nous avions d’ailleurs des radios CGT dans quelques régions car aujourd’hui l’une des émissions que je qualifierais d’intéressante c’était là bas si j’y suis avec Daniel Mermet c’est bien la démonstration que le simple filet objectif qui puisse exister et contrarier la pensée unique il faut le faire sauter et aujourd’hui cette émission pour la suivre il faut aller sur internet enfin voilà j’ai voulu exprimer une idée concernant le chantier qui existe pour essayer de regagner la confiance des citoyens sur le reste des éléments développés je partage en grande partie ces réflexions et ça mérite débat

  2. olivier
    décembre 18, 2015 at 18:58

    Merci de ton intervention, Michel. tu pointes bien la difficulté que nous n’avons pas réussi à surmonter, comment réussir à toucher les gens. Oui, tracts, radio, vidéo, internet, pour les supports, c’est l’idéal.
    Ensuite, si nous arrivons à être assez nombreux sur une démarche commune, c’est la présence sur le terrain, Il nous faudra être là où sont les gens les plus touchés par la précarité, avec les associations humanitaires, peut-être, pour écouter les gens, ne pas venir avec un programme clé en main à offrir, mais leur proposer juste un cadre de discussion.
    La proposition que je soumets au débat, c’est de revenir à une définition de notre régime démocratique et républicain et les alternatives que ça amène par rapport au fonctionnement actuel du système. Et partant de là, rédiger un appel citoyen que chaque personne que nous aurions pu convaincre pourrait faire circuler parmi ses connaissances pour essaimer.
    Repartir de la base et créer ensemble. Si cette démarche intéresse suffisamment de monde, des assemblées citoyennes pourront déterminer des propositions plus détaillées et d’éventuels candidats pour 2017.
    Prenons le temps de voir si nous pouvons nous retrouver assez nombreux sur cette démarche, c’est un changement de paradigme (comme on dit dans les médias) mais je suis persuadé que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare, et pour moi il y a urgence à essayer en 2016.

  3. gogail
    décembre 20, 2015 at 19:46

    bonsoir Olivier je reviens vers toi car j’attendais d’éventuels interventions de camarades sur l’idée de la démocratie je suis d’accord avec l’approche c’est celle ci que nous sommes un certain nombre à vouloir porter dans mon organisation mais cela mérite d »échanger sur la méthode la démocratie à la base du local au national sans perdre de vue la vision internationale des affaires car face à nous le capital c’est à dire la minorité qui dirige la finance elle est bien structurée nous avons donc besoin d’avoir en tête
    cette vision des choses mais je suis bien d »accord que la bataille des idées doit commencer à la base et sans projet tout ficelé d’avance l’essentiel étant de faire avec les citoyens échanger débattre et construire ensemble sans avoir une longueur d’avance ou de retard vis à vis des gens c’est le seul moyen a mon sens pour gagner la conscience de tout le monde sur la réalité de l’exploitation capitaliste dans laquelle nous nous trouvons….donc voilà effectivement il ne s »agit pas de chercher à se convaincre les uns et les autres il s’agit au contraire de s’enrichir mutuellement pour avancer ensemble..personne ne détient la vérité bien au contraire la vérité se construit en avançant ensemble avec l’apport des idées des uns et des autres c’est ma vision des choses

  4. décembre 21, 2015 at 17:33

    J’aime beaucoup l’idée, exprimée par Michel, d’enrichissement mutuel pour avancer ensemble, en acceptant comme postulat de base que personne ne détient la vérité absolue,et que cette vérité reste à construire en avançant ensemble. Comme l’écrivait le poète A.Machado: « Caminante, no hay camino, se hace el camino al andar… » – « Toi qui marches, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant … »!

    En tout cas, c’est, à mon sens, cet état d’esprit qui doit prévaloir entre nous, cela vaudra toujours mieux que les invectives et autres anathèmes qui ne nous mènent, pour le coup, nulle part.

    La question est: avec qui marcheront nous ? Il est indéniable que le résultat des derniers scrutins signe la faillite du système politique actuel, et au delà, la profonde crise démocratique d’une république à bout de souffle. Je suis d’accord pour dire qu’à la démocratie, c’est substitué une oligarchie de partis faisant obstacle à toute velléité de refondation de la vie politique dans le pays.
    Les stratégies d’appareils participent éminemment au verrouillage du système, et il faudra bien que les organisations politiques composant le FdG tirent, en toute clairvoyance, les leçons du désastre et prennent leur part de responsabilité dans cet échec collectif auquel nous a conduit tant les méthodes que les tactiques adoptées par les uns et les autres.

    Faut il pour autant tirer un trait définitif sur le projet ayant donné naissance à la construction du FdG? à savoir proposer un outil et une structure politique pour permettre la convergence des partis politiques, des mouvements ouvrier, des combats républicains, des mouvements sociaux et de l’écologie politique?
    Je pense que ce n’est pas tant le fait qu’ait prévalue une « logique d’appareil » qui a ruiné ce projet, mais plutot qu’aucune logique particulière n’ait prévalue parmi précisément la multitude des logiques d’appareils, aux intérêts souvent divergents, qui ont co-existé sans cohérence au sein du FdG.
    Et cela nous ramène à une interrogation: nous fustigeons, le plus souvent à juste titre, les appareils politiques nationaux dont le fonctionnement ne permet pas l’émergence et l’expression d’un mouvement démocratique et citoyen. Mais les « appareils » ne sont pas seulement nationaux et politiques, nous retrouvons malheureusement trop souvent, à tout les niveaux, cette « logique d’appareil » que nous dénonçons au niveau des partis politiques; que ce soit au niveau de la vie publique locale, dans le mouvement associatif, dans le mouvement syndical, dans les mouvements citoyens même… L’incapacité à s’ouvrir aux arguments de l’autre, les réflexes de sectarisme et d’ostracisme ne sont malheureusement pas l’apanage des seuls partis politiques
    Je pense qu’il faut bien en être conscient pour pouvoir avancer, précisément sans ostraciser personne.

  5. gogail
    décembre 22, 2015 at 12:11

    voilà l’un des éléments essentiels à dépasser etre partie prenante d’une démarche en tant que citoyen membre d’une organisation politique mais n’étant pas là pour représenter cette organisation mais représenter soi meme en tant que citoyen ayant le droit je dirais meme le devoir de conserver ses idées tout en étant à l’écoute des autres pour y compris faire évoluer ses propres idées ,c’est une démarche intellectuelle à effectuer mais elle conditionne a mon sens la réussite ou pas de la démarche.Il est vrai que dans le mouvement syndical pour ne prendre que cet exemple nous ne nous interdisons pas d’avoir des rencontres entre syndicalistes d’organisations différentes pour échanger sur la situation sur les problémes rencontrés chacun au sein de sa propre organisation n’ayant aucun mandat d’aillleurs de
    CElles ci les uns comme les autres meme si cela peut choquer certains camarades en ce qui me concerne cela me convient dans la mesure ou je n’engage pas mon organisation mais que moi meme voilà quelques réflexions par rapport aux idées avancées par Ruben

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