Généralisons les Monnaies Locales Complémentaires pour contrer la crise et répondre aux inégalités

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Alors que 98% des échanges monétaires servent exclusivement à la spéculation, la dynamique des Monnaies Locales Complémentaires (MLC) s’affiche comme une alternative au service de l’économie locale qui vient renforcer les liens et la solidarité dans un contexte de crise économique et sociale.

A l’invitation de l’association sarthoise Le Fenouil,  Jean-Philippe Magnen, vice-président à l’emploi et la formation au Conseil Régional, a présenté les enjeux des MLC le 2 mars dernier au lycée de La Germinière Rouillon, près du Mans, devant près de 200 personnes.

 

Missionné par Benoit Hamon et Cécile Duflot en février 2014, Jean-Philippe Magnen a travaillé durant plus d’un an sur les monnaies locales avec deux objectifs : « établir un diagnostic des monnaies locales complémentaires et systèmes d’échanges locaux en France, et élaborer des préconisations tant pour fixer un cadre plus clair que pour permettre leur développement ».

Différentes initiatives de MLC et de Système d’Echanges Locaux ont été étudiées comme à Toulouse (Sol Violette), Nantes (SoNantes), dans la Drôme, mais aussi à en Sardaigne (pour le Sardex), en Suisse (WIR) ou à Bristol. A chaque fois, c’est la capacité du collectif à s’emparer de cette autre manière d’avoir des échanges marchands qui en a fait le succès.

La mission, dont le rapport sera officiellement remis très prochainement, a également permis de tirer des enseignements et de faire des préconisations. Pour Jean-Philippe Magnen « Il est nécessaire d’approfondir certains éléments du diagnostic et de clarifier le cadre de fonctionnement de ces véritables écosystèmes locaux sur les plans juridique et fiscal ou, de proposer des outils pour un meilleur accompagnement de la mise en œuvre des projets sur les territoires ». 

Parmi les douze préconisations de son rapport, Jean-Philippe Magnen en a dévoilé quelques-unes lundi soir :

– Mettre en application ce que permet la loi ESS, à savoir la possibilité  pour les collectivités locales d’être payées en MLC pour les services publics locaux comme la cantine scolaire, la piscine, le centre socio-culturel etc.

– Créer un observatoire pour permettre le suivi et l’évaluation de l’impact de ces initiatives

– Expérimenter la mise en œuvre de plateformes régionales de systèmes de crédit mutuel interentreprises utilisant les MLC    

Déjà, cette mission a permis de faire reconnaitre les MLC dans le cadre d’un article de la loi EES de juillet 2014. Et le socle juridique et fiscal nécessaire à son développement et à sa pérennisation permettrait, à termes, de généraliser les systèmes locaux d’échanges.

Si la dynamique émanant des territoires était réellement consolidée par la législation, cela permettrait à terme, de reconnaitre que la somme de projets locaux basés sur la solidarité peut compléter voire faire évoluer, un système monétaire mondialisé source d’inégalités croissantes.

 

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